La perte des repères historiques
Lors d’une formation professionnelle, j’ai eu l’occasion de côtoyer une personne qui a pu enseigner l’histoire-géographie dans un collège. Quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’il ne savait pas replacer tel ou tel régime politique ou événement important dans le temps. Pour ma part, je répondais du tac au tac ; pour moi c’était une normalité et non une prouesse. Ce Monsieur au demeurant fort sympathique avec d’autres « collègues », voyant que je connaissais de simples dates comme la Commune (1871), le début de la troisième République (même époque), les lois sociales de Bismarck (1883-1889) me dirent unanimement qu’ils avaient trouvé pour moi ma vocation : celle d’être documentaliste ! Là encore, la pensée « pôle Emploi », la pensée de notre temps, avaient imprégné les esprits ; c’est affligeant… Avoir un minimum de culture permet de vivre ensemble et de mieux comprendre le monde. Il n’y a pas si longtemps que cela, nos grands-parents savaient écrire sans faute d’orthographe, connaissaient le sacre de Clovis, apprenaient encore le grec et le latin et certains étaient capables de citer des vers d’Euripide, d’Eschyle ou de Sophocle en version originale !
Tout
n’est pas à jeter par la fenêtre non plus : on est passé de l’enseignement
du roman historique (histoire à la Michelet à la Lavisse) à celui de l’histoire
avec un grand H qui nécessite l’esprit critique. L’histoire
« idéalisée » au service d’une nation, c’est bien pour des enfants de
moins de dix ans qui ne sont pas encore rentrés au collège. Il faut quand même
adapter l’enseignement au développement des cerveaux de nos enfants, et de nos
jours il y a internet. Seulement, on crée des incultes incapables de bien
penser : la confusion règne en maitre puisque rien n’est replacé dans une
chronologie.
Il y a en fait deux raisons à cela : le recul du par cœur du côté des élèves et l’impact de l’historiographie sur les enseignants.
Dans le premier cas, la raison est évidente : cela demande trop d’efforts d’apprendre par cœur ! Comme à pôle emploi (c’est ma marotte) on préfère la soi-disant compétence (« vous avez des compétences, c’est de votre faute si vous ne trouvez pas de travail ») et le savoir être au Savoir tout simplement. Je vous invite à lire n’importe quel « science et vie » : toutes les études neurologiques font le lien entre par cœur et intelligence…
Arrêtons-nous un instant sur le deuxième point sans entrer dans les détails qui concernent les spécialistes. L’historiographie, c’est la manière dont on étudie l’histoire. Certaines écoles voyaient l’histoire comme une simple relation entre dominants et dominés (lutte des classes) ; l’accent était mis sur les grands faits qui marquent une époque. Après, on s’est intéressé à l’histoire des mentalités ; puis l’histoire est devenue totale, c’est-à-dire sans véritable rupture. Sans doute qu’aujourd’hui on refait l’histoire sous l’angle de la domination du mâle blanc… Quoi qu’il en soit, l’histoire événementielle marquée par des dates a fortement reculé, pourtant elle était jalonnée de repères historiques comme le fut le roman national. Ainsi, enfants, enseignants, n’arrivent plus à faire le lien entre la cause et l’effet ! Tout se brouille alors et tout devient incompréhensible !
Connaitre la date de la défaite de Sedan 1870 est indispensable pour comprendre les causes de la Première Guerre mondiale. Le principe de Dignité entre dans les mentalités après la Shoa et les atrocités Japonaises (dont la vivisection comme les nazis) de la Seconde guerre Mondiale, il est acté par la DDH (10 décembre 1948) rédigé par René Cassin : il n’existait pas à l’époque de l’esclavage sous l’Ancien Régime. Il en va de même pour la Philosophie. La croyance en un avenir radieux d’Auguste Comte, la nature harmonieuse des stoïciens sont liées à leur époque : l’une, la révolution industrielle (XIX) ; l’autre, née en Grèce est à son apogée sous l’Empire Romain au IIe siècle après J-C. Aristote (« Ethique à Nicomaque », le Lycée) inventeur en quelque sorte de l’Education (IV°s av J-C) influence grandement la scolastique chrétienne et même la pensée musulmane.
Je vais donc
découper l’histoire, la notre, pas celle du monde (du moins dans un premier
temps), sans être exhaustif selon le modèle universitaire (avec quelques petites
modifications). Chaque article correspondra à une période de l’histoire avec
une explication et des dates importantes. Vous retrouverez donc l’Antiquité, la
Médiévale, l’histoire Moderne, l’histoire Contemporaine et l’histoire
Immédiate. Il s’agit nullement ici de recopier Wikipedia.
N'oubliez pas le 11 Novembre |
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