5- La Renaissance XV° XVI° S

 

La Renaissance XV° XVI° S

 

« « La Renaissance n’est pas en soi un repère historique. Ce n’est pas tout à fait de l’histoire événementielle. » » Il s’agit d’un mouvement intellectuel et artistique qui a commencé très tôt en Italie et qui s’est diffusé par la suite dans toute l’Europe notamment grâce au mécénat et à l’imprimerie. Ce phénomène culturel est donc marqué par la redécouverte de l’Antiquité. Il remet l’homme, l’individu au centre de tout, même face à Dieu ; ce qui est en soi révolutionnaire car le Moyen-âge était une société d’ordre.  Celui-ci finit par se singulariser selon les pays, ainsi en France on a la dite « école de Fontainebleau et en Espagne le Greco ! Il y a aussi le développement des langues vernaculaires et des humanistes qui apportent chacun une pierre à l’édifice de la philosophie ! Cette « période » est donc à cheval entre le Moyen-âge et l’Epoque moderne. En France, le Palais des Papes a été un relai de cette culture, avant même François I et le XV°S. « Mais pas que, » car la culture Antique en dehors de l’Empire romain d’Orient ou Byzance n’avait jamais totalement disparu : elle était présente dans le Sud (le droit écrit) de la France, en Catalogne, en Espagne Maure et il y eut forcément des échanges. Faut-il alors mettre des limites ou des bornes intangibles à cette Renaissance car depuis l’école des Annales on a réhabilité le Moyen-âge. Après tout, Pierre Abélard (bien que scolastique) et Christine de Pisan ne sont-ils pas des humanistes ?

L’origine de ce mouvement vient des liens qu’a l’Italie avec Constantinople (Empire romain d’Orient ou Empire Byzantin, indéniable centre culturel). D’abord, rappelons que Venise était son allié. Et qu’ensuite il y eut de nombreuses ambassades pour tenter de mettre un terme au schisme. De ce fait, livres et savants circulaient (à Constantinople même, à Rome, à Florence, dans le reste de l’Italie)  avant même la prise de Constantinople par les Ottomans en 1453. Généralement, on distingue deux Renaissances : l’une avant le sac de Rome (1527) par les armées de Charles Quint et l’autre juste après ; en outre, avec les guerres d’Italie, les français sont également vus comme des barbares ! Il existe aussi d’autres découpages beaucoup plus précis en fonction des développements de l’art et de l’histoire, mais n’était ce pas là encore mettre des frontières abstraites ? Comme si les hommes et les idées ne circulaient pas. Tout compte fait, ne s’agirait-il pas d’un phénomène de mode de grande ampleur qui laissa la place au Baroque ou au Classicisme. Du reste, ces idées humanistes imprégnèrent l’époque moderne et permirent le siècle des Lumières…  

 


Quelques illustres penseurs humanistes


Laurent Valla (le romain, première moitié du XV) revient à l’origine des textes antiques critique l’interprétation faite par la religion à travers son Discours sur la Donation de Constantin

Galeotto Marzio (1424-1497) dans De incognitis Vulgo, il s’attaque au dogme de la religion, ce qui lui vaut d’être poursuivit par l’Inquisition

Marcile Ficin (1443-1499), l’un des philosophes humanistes (néoplatonicien : Plotin) les plus influent du début de la Renaissance. Egalement traducteur de Platon du grec en latin. Fondateur avec l’appui de Cosme l’Ancien (Médicis) de l’Académie platonicienne de Florence 1459. Théologie platonicienne de l'immortalité des âmes ; et de commentaires sur Platon Il renouvelle la pensée de l’époque.

Pic de la Mirandole, Florentin, philosophe érudit ; Savant critiqué par Voltaire et fortuné, il avait le loisir d’étudier (d’où l’expression acrimonieuse…) protégé de Laurent de Médicis… étudia et proposa une kabbale… mort à 31 ans en 1494. En quelque sorte, il cherche l’Universel en explorant tous les points de vue…. Moqué plus tard, parce qu’il serait capable de discuter de tout !

Nicolas Machiavel (1469-1527) Plénipotentiaire Florentin, grand théoricien du pouvoir dont la raison d’Etat avec le Prince (1532), les Discours sur la première décade de Tite-Live (1517), L’art de la Guerre (1520) à ne pas confondre avec celui Sun Tzu du (1078)

Erasme comme Valla cherche à remonter aux sources religieuses du christianisme. En 1516 apparition de son Nouveau Testament, servant par la suite de référence aux réformateurs. Ouvrage le plus connu : Eloge de la folie (1511), dans lequel il dénonce les superstitions de la religion…

Thomas More : grand ami d’Erasme, finit décapité en 1532. Il fut d’abord avocat puis homme politique et humaniste… Auteur du célèbre : Utopie en 1517. Considéré comme le précurseur du socialisme, dans cet ouvrage il s’attaque aux grands propriétaires (l’enclosure) et prône une économie collective. Il influença les socialistes utopistes de 1848 (Fourier, Cabet)

Rabelais, médecin, prêtre et libre penseur auteur de Pantagruel 1532 et de Gargantua 1534

Guillaume Budé (« le prodige de France »), membre fondateur « du collège de France » et de la librairie voulu par François I (+1540) Dans de l’institution du Prince il théorise la monarchie absolue en mettant en avant le roi au-dessus de tous et qui doit désigner son gouvernement (tiens tiens comme la V°R ?). Savant en tout (philologue, juriste, mathématicien)  et philhelléniste…  Tombé dans l’oubli par la suite, il influence Montaigne et Calvin

Michel de Montaigne (1553 à 1592), philosophe humaniste, juriste et maire de Bordeaux et bien entendu ami de la Boétie (Parce que c’était lui, parce que c’était moi) auteur des célèbres Essais 1580

Etienne de La Boétie auteur du Discours de la servitude volontaire vers 1548, ouvrage majeur de la philosophie politique

 

Et poètes


1-Dante, le premier des fondateurs de la littérature, à la fois poète et philosophe. Auteur Florentin de la Divine comédie vers 1310

2-Pétrarque le fondateur, passa par Avignon et parcourra l’Europe. Poète qui traversa le XIV°s

3-Boccace autre poète et écrivain florentin qui traversa le XIV°s, auteur du Décaméron mettant en perspective l’individu face aux aléas de la vie. C’est l’humanisme

XVI°s : Les poètes de la Pléiade défendent la langue française à l’instar des italiens face aux langues locales et au latin. Parmi eux : Pierre de Ronsard, Les amours de Cassandre ou les Odes : « Mignone, allons voir si la rose qui se matin avait éclose… » 1550, Joachim Du Belley : la Défense et illustration de la langue française 1549, Olive, les Regrets, les Antiquités de Rome… : « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un long voyage… »

 


Les artistes (et leurs œuvres) qui ont traversé les siècles


Sculpteur Donatello (1386-1466 Florence) : roi David (premier bronze depuis l’antiquité), St Marc, St George, St Jean, Festin d’Hérode

Le florentin Fra Filippo (1406-1469): influence beaucoup les peintres suivants/ La Vierge et deux anges (la Lippina) ; moine défroqué qui se marie à une none, son modèle d’une grande beauté !

Son fils Filipino Lippi (1457-1505) : son style novateur influence fortement la peinture en général/La magnifique fresque (Crucifixion de Pierre) de la chapelle Brancacci de Florence où l’on voit son autoportrait caché dans la scène, l’apparition de la Vierge, les trois archanges, l’annonciation.

Sandro Botticelli (1445-1510 Florence) : Naissance de Vénus, Primavera, autoportrait…

Vers 1480 : Célèbre modèle Simonetta Vespucci : portrait de Piero di Cosimo, portrait et muse dans la Naissance de Vénus de Sandro Botticelli ; noble présente à la cour de Laurent de Médicis

Leonard de Vinci (1452-1519) : l’homme de Vitruve, Mona Lisa, La Cène

Michel-Ange Buonarroti (1475-1564/Florence) : statue de David ; la Chapelle Sixtine

Raphaël (1483-1520 Rome) : L’école d’Athènes, la Vierge Marie, les Trois grâces, Résurrection

Giorgione (1477-1510 Venise) : la Tempête, Vénus endormie

Le Titien (1488-1576 Florence) : nombreux portraits (François I), L’assomption de la Vierge, Vénus d’Urbino

Jérôme Bosch (1450-1516 Néerlandais) : Le Jardin des délices, Le Jugement dernier

Albrecht Dürer (1471-1528 Allemand) : Melencolia, Adam et Eve, (mains très réalistes)

Hans Holbein (1498-1543) : grand portraitiste, Erasme, Henri VIII d’Angleterre, le corps du Christ, les Ambassadeurs…

En réaction peut-être à la Renaissance : Arcimboldo (1527-1593 Milan), peintre portraitiste et inventif connu pour son utilisation des fruits et des légumes dans ses œuvres : les Quatre saisons, Rodolphe II ; portrait (normal) de Maximilien II.

1594 école de fontainebleau : le Téton, tableau de Gabrielle d’Estrées et de sa sœur

Le Greco 1541-1614, en quelque sorte le fondateur de l’école espagnole : élève du Titien (lui-même de Giorgione) / Martyre de St Maurice, le gentilhomme à la main sur la poitrine, les apôtres

En matière de Musique, il y eut quelques améliorations : le profane progresse face au religieux , le lyrisme se développe, ce qui annonce l'opéra Italien (Monteverdi). Localement, les instruments s'améliorent, d'autres peu nombreux apparaissent (le violon entre 1520 et 1564). La Musique se diffuse par les musiciens qui voyagent et les partitions qui sont désormais imprimées..

 

 Les monuments historiques et leurs architectes !


début des travaux en 1340 Palais des doges (Venise)

Filipo Brunelleschi (1377-1446 Florence) un des pères fondateurs de l’architecture de la Renaissance et ingénieur, il réinvente la perspective, les arcs, utilise la géométrie et le nombre d’or, en 1436 la réalisation de la coupole de la cathédrale de Florence Santa Maria lui vaut un immense succès. https://www.youtube.com/watch?v=PvJftWiGwfg

Jacobo Sansovino 1486-1570 sculpteur-architecte (fils d’un architecte) au style un peu romain / remaniements de la place St Marc (avec ses logetta), cathédrale de Vérone et surtout la Bibliothèque Marciana de Venise (actuellement 1 millions de livres dont 13 000 manuscrits ; au départ une idée de Pétrarque qui a fait don de ses livres tout comme Bessarion) vers 1537, travaux poursuivis par Vincenzo Scamozzi

Vers 1555 l’Italien Sebastio Serlio (qui fut employé par François I) publie un traité d’architecture en 8 livres qui servit de référence aux contemporains. On lui doit aussi le château d’Any le Franc dans l’yonne et le château de Troissereux dans l’Oise

Vers 1459 Bernado Rosselino (élève de Leon Batista Alberti) embelli Pienza (Toscane), la ville résidentielle de Pie II

Un siècle de construction : La Basilique St Pierre (Vatican) voulu par Pie II, début des travaux 1509 principal architecte Bramante (inspiré par l’architecture romaine) , vers 1510 il réalise le Tempietto à Rome

1549 achèvement du palais Farnèse de Rome : siège de l’ambassade actuelle et de l’école française de Rome

Vers 1559 l’Escurial (« le Versailles espagnol ») par l’architecte Jean de Batista de Tolède

Le palais de Charles Quint à Grenade par l’architecte espagnol Pedro Machuca, élève de Michel Ange

Vers 1560 le palais : le Belvédère de la reine Anne dans le jardin royal de Prague (Tchéquie) œuvre de l’architecte sculpteur Italien Paolo della Stella

1571 Villa Rotonda (Italie), architecte Andrea également auteur de 4 livres d’architectures à succès (vers 1570)

Sous François I : Château de Chambord, architecte Pierre Nepveu achevé en 1547

château de Chenonceau de Catherine Briçonnet achevé vers 1547

Château de Puyghilem en Dordogne époque de la Renaissance mais localement comme beaucoup de château, il garde un caractère défensif, Nerac...


Un renouveau scientifique très limité


a-C’est un petit pas en avant : la représentation du monde change mais tout tourne autour de l’homme même si la science d’Aristote recule. C’est une étape qui permettra par la suite un changement de la méthode scientifique.

Vers 1433 De ingeneis et De machinis de Mariano di Jacop dit Taccola, traité qui influença de nombreux ingénieurs et architectes ou encore artistes. Il marque un début d’amélioration de la science de la mécanique.

Leon Battista Alberti (1404-1472) : philosophe scientifique, mathématicien, linguiste, architecte florentin. Formule la perspective, utilise un système à 3 dimensions, invente l’anémomètre, un système d’identification du langage. Auteur du premier traité de l’architecture qui fera date : l’Art d’édifier vers 1452

b-Avec les nouvelles découvertes et les récits de voyages, des progrès sont apportés dans la représentation spatiale et dans la connaissance terrestre. Autrement dit, la géographie et la cartographie font un pas en avant. Peut-être que c’est là la vraie rupture avec le monde Médiéval et Antique !

1503 l’explorateur, cartographe Amerigo Vespuci auteur de Mundus novus est le premier à comprendre que les explorateurs ont découvert un continent

1507 Universalis Cosmographia, première carte imprimée par l’Allemand moine cartographe Waldseemüller qui donne le nom d’Amérique au nouveau continent.

1544 parution De Cosmographia Universalis de l’Allemand humaniste Sébastien Münster. Sorte d’Encyclopédie faisant une synthèse de géographie, d’histoire et d’ethnologie dont le but est de décrire le Monde. Cet ouvrage fut largement diffusé à travers l’Europe et connu un immense succès

1559  Delle Navigationi et Viaggi, en six volumes (Venise, 1550-1559)[, premier traité géographique du florentin ? Ramusio, lequel s’inspire des grands explorateurs…

Gerardus Mercator (1512-1594) éminent cartographe flamant qui a fabriqué un globe pour Charles-Quint et qui a commencé à faire des Atlas (avec des erreurs), terme qu’il a lui-même inventé. Il met au point une planisphère utilisé par les marins : la fameuse projection de Mercator en 1569

1570 Theatrum Orbis Terrarum, d’Abraham Ortelius, premier Atlas moderne imprimé où il uniformise et rassemble les cartes connues du monde

André Thevet 1516-1590 aumônier-explorateur (Brésil, Afrique) et cosmographe officiel du roi de France, auteur en 1557 du livre les Singularitez de la France antartique qui le rendra célèbre, livre dans lequel il décrit les peuples, les coutumes, l’agriculture d’Amérique. En 1575 il publie sa Cosmographie universelle.   

 1576 Douze livres de la vicissitude ou variété des choses de l’univers : Louis Le Roy professeur au Collège de France conçoit le monde comme globalisé (« universalité géographique »), il est désormais connu et le monde peut échanger hommes et biens, il peut donc être vu comme un rapport de domination politique !


Les Mécènes


Ce phénomène culturel arrive par les élites en ruisselant. Il commence en Italie par les familles prestigieuses (riches marchands et banquiers) et le pape ainsi que les cardinaux. Il se disperse ensuite des nobles aux moins nobles soit par les rois et princes puis la haute noblesse (présents à la cour et retournant dans leur province), les seigneurs, les grands bourgeois… Voici quelques principaux exemples


1 Le Haut-Clergé : Pape et Cardinaux

Avec la construction et l’embellissement de Rome et des environs, beaucoup de Papes et cardinaux ont été des mécènes d’autant plus que certains étaient issus de grandes familles Italiennes qui avaient coutume de pratiquer le mécénat (pour la construction, les arts et la culture en générale).

Cardinal Bessarion (1403-1472) à la base moine-savant byzantin favorable à l’union des deux Eglises, qui a souvent accompagné les ambassadeurs. Fut déclaré patriarche de Constantinople après sa chute à défaut d’être Pape, puis cardinal (1468-1472) philheniste, lui-même écrivain, grand mécène intellectuel : protège les savants et traducteurs, fournit en manuscrits la bibliothèque de Venise (au moins 850 dont 482 en grec, récupérés en grande partie de Constantinople)  

Nicolas V (1447-1455) développe la bibliothèque du Vatican

Pie II (1458-1464) humaniste, Pienza

Sixte IV (1471-1484), un Borgia encourage les artistes, fait construire la Chapelle Sixtine. Son neveu le bon vivant Cardinal Pietro Riario fut aussi un Prince de la Renaissance…

Alexandre VI (1492-1503) Borgia, protège des artistes comme Le Pinturicchio

 Jules II (1503-1513) grand pape mécène de la haute-Renaissance : fait construire Saint-Pierre de Rome, emploi Bramante, Michel-Ange, Raphaël

Léon X Médicis (1513-1521) soutien les Penseurs et poursuit les chantiers ?? Clément VII Cardinal

Hippolyte d’Este celui qui aurait dût être pape, pratique fortement le mécénat pour son prestige : appel aux artistes et surtout il fait construire l’ostentatoire palais qui est dans un style maniériste (en réaction à la Renaissance mais ce qui implique de connaître les règles de la Renaissance !)

Les cardinaux et les évêques français ont eux aussi pratiqué le mécénat et ont eu une grande influence...

Cardinal Georges d’Amboise de 1498 à 1510 : cardinal et archevêque de Rouen et légat du Pape en Avignon, conseiller de Louis XII. Il introduit la Renaissance en France : Transforme le château Gaillon vers 1502, il fait venir des Italiens à cet effet et aussi pour l’embellissement de la région, reconstruction du château Vigny, bibliophile, fait venir des manuscrits d’Italie …

Cardinal Jean du Bellay de de 1535 à 1532 diplomate, ayant la confiance de François I, humaniste soutient artistes et écrivains (Rabelais, Joachim du Bellay) il avait plusieurs évéchés et abbaye d’où ses revenus… Également, Jean III de Lorraine

Cardinal François de Tournon conseiller de François I, protecteur d’humanistes, en disgrâce après la mort du roi puis il revient à la cour sous la régence de Catherine de Médicis


2 des familles prestigieuses Italiennes.


Ces familles furent l’objet de bien des phantasmes de la part des écrivains. D’Alexandre Dumas deux livres : les Médicis, les Borgia ! Victor Hugo, une pièce de théâtre : Lucrèce Borgia. Stendhal : Chronique Italienne. Encore aujourd’hui, d’Irving Stone : La vie ardente de Michel Ange, Sarah Dunant : Naissance de Vénus…   


Maison de Médicis : des « « milliardaires", deux reines, des ducs et quelques papes… : montée en puissance de cette famille attestée depuis 1380 grâce aux ateliers textiles, au commerce, à la Banque (activité qui ne cessa de croitre). Elle domina politiquement la cité de Florence, anoblie par Charles Quint elle obtint le titre de Duc de Toscane (jusqu’en 1737)

Cosme de Médicis (1389-1464) : « multimilliardaire » disposant d’une clientèle, de succursales bancaires… D’éducation humaniste, fait construire le Palais des Médicis (par Michelozzo) pratique le mécénat : appui Marsile Ficin (finance, participe et donne la villa Careggi) qui fonde l’Académie Platonicienne de Florence (1436-1521) où l’on redécouvre les textes grecs et l’on discute de l’Esthétisme artistique, des critères du beau qui influence les artistes contemporains... Il finance également Filippo Brunelleschi pour sa coupole du Duomo, une prouesse architecturale.

« Le Prince » Laurent le Magnifique 1449-1492 (donnant deux papes) : humaniste dandy qui se fait entouré par les plus grands esprits de l’Epoque ( ), dispose d’une cour, pratique le mécénat intellectuel et artistique soutien Leonard de Vinci, Botticelli, Lippi et surtout Michel Ange qui contribue à l’embellissement de Florence

Le grand Duc de Toscane Cosme I (1537-1574), Médicis continue l’œuvre de ces ancêtres. Passionné de botanique, de science, il rajoute à Florence le Jardin de Bodoli.

Catherine de Médicis : reine de France et régente (de 1547 à 1559), laide et obèse, entourée d’une légende noire probablement à cause de la St Barthélemy (1572),  à l’instar de sa famille elle pratique le mécénat à outrance, protectrice de Montaigne et de Ronsard. Sa fille la reine Margot, cultivée, fut également mécène (la cour de Nerac)

Marie de Médicis (1600-1614) reine de France et régente, également mécène

 

Les Borgias dominent les Etats pontificaux en fournissant Pape, Cardinaux, gens de guerre. Originaire d’Aragon. Les papes embellissent le Vatican notamment par de nombreuses fresques. Incestes, empoisonnements supposés contribuent à la légende noire des Borgia

César Borgia (1475-1507) : duc, capitaine d’armée / Protecteur de Machiavel qu’il l’a inspiré, a reçu Leonard de Vinci

 Rodrigo Borgia (à la différence du premier Pape Calixte III)  entretient une cour, aime le faste déjà en étant cardinal puis devient le pape Alexandre VI (1492 à 1503) mécène des arts…

Papesse ? Lucrèce Borgia (1480-1519) la fille du pape ! et la sœur de César reconnue comme protectrice des arts et des lettres

Les Sforza (duché de Milan) successeur des Visconti dans leur ensemble reste assez conservateur tout en pratiquant le mécénat ce qui n’est pas le cas de la famille d’Este où l’on compte quelques humanistes grands mécènes.

Francisco Sforza l’homme le plus fort d’Italie fait construire une forteresse et tente d’embellir Milan, fait éduquer ses enfants par des humanistes. Son fils lui est plus passionné par la musique mais sans changement réel. Ludovic Sforza autre fils : mécène, il mène une politique d’urbanisation (architecte Bramante), pendant huit ans il employa Leonard de Vinci (la cène dans l’Eglise Santa Maria delle Grazie à Milan, elle-même remaniée par Bramante)

Este : veille famille nobiliaire origine du St Empire germanique (l’an 1000) qui détiennent des fiefs dans différentes région d’Italie Modème Ferrare, Emilie, Ces nobles ont très tôt le goût et la volonté de soutenir la culture quand bien même ces familles sont en quête de prestige. Certains seront des Cardinaux

Nicolas II d’Este (1338-1388) a la réputation d’être cultivé et il a pour ami Pétrarque. Lionel d’Este (1407-1450) est un philosophe qui fréquente les humanistes, il mène des travaux d’embellissement mais dans la tradition Son frère Borso qui lui succède se montre fort dépensié : il augmente sa bibliothèque et fait appel aux artistes de l’école de Ferrrare…

Le Duc de Ferrare, Modène et Reggio Alphonse I d’Este (1476-1534) (Duc de Ferrare, Modène et Reggio) protecteur et un des plus importants mécène, grand collectionneur, fait appel à Michel Ange, au Titien… Il fait aussi venir de nombreux musiciens dont certains sont innovants… Également premier mari de Lucrèce Borgia

La Marquise de Mantoue Isabelle d’Este (1474-1539) de culture humaniste fut une prestigieuse et grande mécène (et dans une moindre mesure sa sœur cadette la Duchesse de Milan Béatrice) : une pléthore d’artistes ont travaillé pour elle : le Titien, Michel Ange, Bellini, Raphaël, Lombardo… Elle est en contact avec des poètes et des humanistes, elle aime aussi musique profane et elle joue elle-même d’un instrument, augmente sa bibliothèque, collectionneuse de pièces antiques…

Supposé portrait d’elle enfant avec sa sœur visible à travers la fresque de la Salle du Trésor au palais Costabili de Garofaro. La Joconde était-elle vraiment Mona Lisa ou plutôt Isabelle d’Este ?


3 Les Rois emblématiques


Le grand roi de Hongrie (de Bohème et Duc d’Autriche) Mathias Corvin (1458-1490), diffuse la Renaissance en Europe Centrale : fait venir les savants (Gaetto Marzio), les artistes de l’époque (le sculpteur Andrea del Verrochio, le peintre Filippino Lippi), possède la plus grande bibliothèque après celle du Vatican, fonde une Université à Bratislava, fait de nombreux remaniements architecturaux.

Ivan III le Grand (Russie, fils d’Ivan le Terrible) 1462-1505: veut faire de Moscou la troisième Rome. En conséquence, il fait venir quelques architectes Italien

Henri VIII d’Angleterre et d’Irlande (1509-1547) : Holstein, remaniements architecturaux, lui-même humaniste (pourtant Anne de Boleyme fu décapitée …)

François I (1515-1547) ou le Prince de la Renaissance : ami de Leonard de Vinci/châteaux de la Loire…  

Charles Quint (1519-1556) St Empire-Germanique : soutien le Titien/ palais sur l’Alhambra...

 4 Les femmes

Surtout les reines et les favorites du roi sont réputées être des mécènes : un moyen de passer du temps ou d’avoir une forme de pouvoir politique ?

Anne de France - Anne de Bretagne - Diane de Poitiers, Marguerite d’Autriche


5 La haute noblesse ou les Grands du royaume

Les Grands, souvent présent à la cour, veulent copier sur le roi.

Un précurseur : le Duc de Berry (Les très riches heures du Duc de Berry) 

Le comte de Chaumont, le maréchal Charles II d’Italie (1473-1511) sous Louis XII, a importé la Renaissance Italienne en France : nombreuses commandes auprès d’artistes, remaniements architecturaux de ses châteaux (sa famille les Amboise sont également mécènes)

La famille de Clèves dont le Duc de Nevers : François I de Clèves commandant pendant les guerres d’Italie sous François I Les Ducs de Lorraine (Antoine)  Les de Montmorency dont le gouverneur du Languedoc le Duc Anne de Montmorency proche de François I  et d’Henri II : protecteur d’hommes de lettres et artistes, fait rénover le châteaux de Chantilly  et construire le château d’Ecouen  . Son fils turbulant apporta le Jardin à l’Italienne dans ses châteaux…                                   

 le trésorier de François I, Jean le Breton, seigneur de Villandry fait construire le château de Villandry (Loire), au style charnière entre la 1°et 2° Renaissance (plus française).

A l’étranger : le Duc d’Urbino Frédéric de Montefeltro, Renaissance élitaire et précoce en Espagne : Inigo Lopez de Mendoza (1398 -1458) marquis de Santillana del Mar (poète lettré, passe son temps à étudier), le Duc d’Albe Fernando Alvarez de Toledo (1507-1582), d’éducation humaniste, plusieurs fois gouverneur en Italie pour Sharles Quint puis dans les Pays Bas pour Philippe II d’Espagne, grand stratège militaire, bibliophile (descendante l’excentrique Duchesse Cayetana morte en 2014), redécor (peinture et fresques) son château à la mode renaissance… En Angleterre, pour les remaniements architecturaux Thomas Howard, le comte de Northumberland Henry Percy 6° du nom, compagnon un temps d’Anne de Boleymn, passionné par les sciences, possède une grande bibliothèque). Dans le monde germanique le Duc Philippe le Magnanime (d’Este) et le Duc Albert V de Bavière

6 La noblesse locale

Des nobles qui ont fait des campagnes en Italie : Claude de Lorraine, comte fait Duc de Guise, a fait construire le château du Grand Jardin (d’un style Renaissance comme le magnifique jardin) Gaston de Foix, Louis II de la Trémoille, le Comte Breton Guy XVI de Laval passionné par l’art italien  remanie son château et la cathédrale au goût du jour…, Jean de Dinteville, seigneur d’Auvergne, ambassadeur, passionné de peinture, a commandé Les Ambassadeurs de Hans Holbein le Jeune …

 Des petits seigneurs imitateurs : seigneurs de la Loire, d’Auvergne (Albret)

La Petite noblesse (le viconte Jean Grolier connu pour sa bibliothèque qu’il a a fait reliée) et Magistrats ou noblesse de robe récemment anoblis ou de basse extraction qui veulent copier sur les Grands et qui sont parfois présents aux cours des grands nobles (Certains sont des humanistes sincères…)  : Jean Calmon II et son fils Parlementaire à Bordeaux conseiller du roi font construire le château de l’Herm à Rouffignac (Dordogne) dans un style renaissance, la famille Pontac, château du côté de Talence


7 « Les Bourgeois qui veulent copier sur les nobles »

Cela peut être des marchands, des négociants, des banquiers, des chefs de corporation ou des maîtres de métier. Il y a en tête quelques familles Italiennes immigrés concurrentes aux Médicis (qui eux ont pris le pouvoir) ou aux autres . « Certains se cachent sous la noblesse »

Les Bohier, famille de financiers dont trésorier des rois Louis XI Charles VIII, Thomas Bohier lance les travaux du château de Chenonceau (sa femme Katherine Briçonnet en est l'architecte) avec des détournements de fonds publics. On lui doit également l'hôtel des finances de Rouen 

Les Gadagne (Banquier qui finance les guerres d’Italie !) de Florence s’installent d’abord à Lyon (leur hôtel) certains rentre dans l’armée, ils rénovent le château de Bouthéon (Auvergne Rhone-Alpe) et en fait un centre de rencontre humaniste… Plus tardivement, il y a la famille Gondi dans le sillage de Catherine de Médicis qui s’intègre à la haute noblesse (descendant Cardinal de Retz célèbre pour ses mémoires sous Louis XIV)  , et les Strozzi

La famille Briçonnet (riches marchands de Tour devenus nobles par achats de charges administrative), pratique le mécénat, on leur doit le château ou le manoir de Candé en 1500

Les petits bourgeois des villes se font construire de beaux hôtels particulier, s’achète des livres et tableaux s’ils le peuvent. A Sarlat : les la Boétie se font construire leur hôtel, les Plamon modifie en partie l’hôtel des Consuls     

Directement ou indirectement par le mécénat les Imprimeurs contribuent à la Renaissance (certains possèdent des bibliothèques, se font construire des maisons, passent des commandes auprès de peintres et sculpteurs ou d’humanistes qu’ils reçoivent…

L’imprimeur humaniste (auteur, lui-même) de Paris Josse Bade (1461-531)

 Le maitre éditeur imprimeur (d’origine allemande reçoit une lettre de naturalité !) Sébastien Gryphe de Lyon (1491-1559), il diffuse la pensée humaniste… jean de Tournes son apprenti deviendra patron lui aussi, et sa famille obligée de quitter Lyon pour Genève, en raison du protestantisme, restera imprimeur.

 Le Curé du coin à leur niveau ont participé à la renaissance ex on a retrouvé des fresques à l’Église Saint‑Médard de Drône en Dordogne

 

A la périphérie de la Renaissance : rupture dans la continuité !?


Il me semble que ces savants pluridisciplinaires en reprenant les Anciens ont cru savoir tout sur tout (mise à part Montaigne), ce qui a peut-être limité les découvertes scientifiques. C’est sans doute la dernière fois ou l’une des dernières fois que les gentilhommes ont pu prétendre au Savoir Universel.

Copernic remet à l’ordre du jour la théorie héliocentrisme : la terre tourne autour du soleil, (Keppler montrera la trajectoire elliptique de la Terre), ses livres sont interdits 

Vers 1609 Galilée fonde l’astronomie moderne et démontre que tout ne tourne pas autour de la Terre et qu’il y a d’autres astres (1633). En conséquence, il est condamné par l’Eglise. Remarquons, que l’Eglise contrairement aux idées reçues (du XIX) avait admis que la Terre est une sphère, notamment en s’appuyant sur des savoirs grecs…

Le chaînon manquant : l’anglais Francis Bacon ferme la parenthèse de la Renaissance et ouvre une nouvelle voie de la pensée. Il invente un nouveau savoir : l’Empirisme, cette méthode de recherche jette les bases de la science moderne ; œuvre majeure Novum Organum 1620 (Nouvel Outil) (explications didactiques sur Potionmagique Instagram ou site!)

Notons que la Renaissance a aussi suscité des réactions de la part de l’Eglise :  certains humanistes, très tôt, furent condamnés ; et à Florence même, il eut le fameux bûché des Vanités (7 févr. 1497) sous la houlette du moine forcené dit défenseur des pauvres, Jérôme Savonarole (moine qui avait pris le pouvoir de 1495 à 1498 aux Médicis) ; le Pape Clément VIII était réfractaire à la Renaissance : il institua une inquisition Romaine…

En Art et en architecture, après le sac de Rome par les armées de Charles Quint, arrive en réaction le maniériste mais est-ce une véritable rupture ? Le cœur ou l’apogée de la Renaissance serait entre la fin du XIV et au début du XVI°s

La réaction est aussi religieuse ou spirituelle. D’un coté Jean Calvin et Luther reviennent aux textes anciens, aux sources de la religion ; d’un autre côté, ils critiquent les dérives de l’Eglise notamment leurs dépenses somptuaires, lesquelles ont permis en partie la Renaissance. Ainsi la contre-réforme devient une nécessité…





Pour changer un tableau du début de la Renaissance Espagnole que j'apprécie beaucoup


L'Annonciation de Berruguete 1490 







à connaitre : Pierre de Cortone (1596-1669: héritier de la Renaissance avec un style nouveau, le baroque. Peintre et architecte/ L’enlèvement des Sabines (thème récurrent des peintres et sculpteurs : Degas, Poussin, Rubens, David, etc.), Vénus et Enée, Daniel dans la fosse au Lion (également Rubens) et surtout sa fresque au palais de Barberini à Rome : Le Triomphe de la divine Providence.




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